Les bouchons synthétiques tentent de mieux maitriser la gestion de l’oxygène des vins

On confie au bouchon toute la responsabilité de la conservation du vin et de la somme de travail accomplie pour passer du raisin au vin. A lui seul il devra assurer sa bonne conservation, et ce, quelles que soient les conditions de transport, la durée et les conditions de stockage. Les fabricants de bouchons synthétiques pour le vin, dont le leader Nomacorc, proposent aujourd'hui des bouchons innovants permettant une oxygénation maîtrisée et constante.

Le TCA (Trichloranisol) n'est pas le seul défaut lié à un mauvais bouchage

 

On considère qu'entre 3% et 6% des vins sont touchés par le « goût de bouchon ». Une altération du vin directement liée au bouchon de liège : le TCA –trichloranisol. Mais ce n'est pas le seul défaut pouvant altérer les vins lors de leur conservation en bouteille : d’après une étude de l’IWC (International Wine Challenge), le goût de bouchon représenterait 30 % des défauts à la dégustation seulement, contre environ 50 % de défauts provenant d'une mauvaise maîtrise de l'oxygène. Parmi eux les défauts de type :

  • Réduction (29% des cas) liée à de l’oxygène insuffisant durant la vinification et accentué par les bouchons à vis et synthétiques peu perméables à l’oxygène,
  • Oxydation (19% des cas) liée à un excès d’oxygène au cours de la vinification et accentué par les bouchons qui ne scellent pas hermétiquement à l’embouteillage et/ou au manque d’homogénéité de leur structure (liège naturel par exemple).

On comprend donc que les fabricants de bouchons cherchent à réguler les échanges entre l’oxygène extérieur et le vin par des bouchons toujours plus techniques.

Les enjeux des bouchons synthétiques

 

Alternative au liège, les bouchons synthétiques sont essentiellement vendus dans le monde pour leur qualité d’asepsie et leur homogénéité. Si les capsules à vis sont souvent accusées d'augmenter les risques de réduction dans les vins, les bouchons synthétiques, quant à eux, soufrent du problème opposé : ils favoriseraient une oxydation accélérée et d'une baisse plus rapide du SO2 libre. Nomacorc, société leader du marché du bouchon synthétique axe donc sa communication sur la maîtrise de l'oxygénation des vins. La gamme de l'industriel est déclinée en 4 bouchons différents répondant aux caracatéristiques suivantes :

  • Un bouchon pour chaque vin en fonction de leur sensibilité à l’oxygène et du but recherché. Nomacorc a créé un système de classification qui regroupe les composés chimiques qui donnent des arômes différents selon leur sensibilité ou exigence en oxygène. Par exemple : les arômes d’agrumes se développent mieux avec de l’oxygène limité ; ceux de chêne ou de vanille exigent de l’oxygène etc.
  • Un matériau polymère conçu par co-extrusion (brevet),
  • L’apparence et le toucher du liège pour les consommateurs français sensibles à cet aspect,
  • Des bouchons toujours identiques pour un embouteillage fiable,
  • La particularité  du bouchon  qui est constitué de 2 matériaux, un pour l’enveloppe et un autre pour le centre. L’élasticité de l’enveloppe extérieure permet un retour plus rapide du bouchon dans le goulot et prévient  la pénétration de l’oxygène atmosphérique dans la bouteille. Cela scelle hermétiquement le bouchon au goulot pour éviter  les fuites (couleuse) au retournement. L’enveloppe préserve intact l’intérieur du bouchon qui  a une structure intérieure homogène et un taux de transfert d’oxygène (OTC) prévisible et uniforme. Les échanges gazeux ne se feront donc plus que par le centre du bouchon.

S'ils sont majoritairement utilisés pour des vins à boire jeune, d'autres innovations, destinées aux vins de garde (voire de longue garde) sont en train d'émerger. La société Guala  Group avait développé il ya quelques années un bouchon révolutionnaire, le Guala Seal Elite (désormais développé par la société Ardeaseal), concentré d'innovations permettant une meilleure étanchéité du bouchon, reposant sur une architecture en trois parties : 

  • Un châssis interne rigide pourgarantir  l'absence d'élongation,
  • Un opercule (le bouclier) au contact du vin pour la régulation de la perméabilité à l'oxygène,
  • Un corps élastique pour l'étanchéité.

Enfin, le respect de l'environnement apparaît comme un nouvel enjeu dans le développement de nouveaux bouchons synthétiques. Nomacorc s’oriente sur des produits plus respectueux, avec des bouchons « zéro carbone », entièrement recyclables, dévoilés au salon Intervitis Interfructis en 2013, et qui devraient être bientôt disponibles. La société Syntek (gamme Neocork), quant à elle, valorise le recyclage de ses déchets de fabrication auprès de partenaires industriels afin de réduire son impact sur l'environnement.

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Auteur :
Jules Lamon
Community Manager - Winemak-In
Clos Montmartre ;) - France

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