Corriger l'acidité des vins de façon naturelle pendant la vinification

L’acidité est un paramètre sensoriel très important du vin. Un vin à l’acidité trop faible ressortira plat et terne en bouche. A l’inverse, une acidité trop élevée conduira à un vin trop acidulé, agressif, voire aigre. Elle a également un impact sur la stabilité microbienne du vin. Pendant la vinification, les vignerons peuvent corriger l’acidité, en ajoutant de l’acide tartrique par exemple, mais des solutions plus naturelles existent.

Différences entre pH du vin et acidité totale

 

L’acidité totale (AT) du vin est un paramètre d’acidité qui permet d’entrevoir le profil gustatif du vin et de prévenir des éventuels problèmes tels que les contaminations et altérations dues aux micro-organismes. La plupart des vins rouges ont une acidité totale d’environ 3,5 g/L H2SO4, alors que pour les vins blancs, elle est généralement un peu plus élevée.

Bien que l’acidité totale et le pH soient liés, ils mesurent d’une manière différente l’acidité du vin. Si le pH est trop élevé, à 4,0 ou une valeur supérieure, le vin devient instable au  niveau microbiologique. Un faible pH inhibe quant à lui la croissance des micro-organismes et contribue à la stabilité du vin dans le temps.

 

Evolution de l’acidité du vin : l’impact des levures œnologiques

 

Pendant la vinification, au cours de la fermentation alcoolique, l’acidité totale du vin diminue, en particulier en raison de la cristallisation de l’acide tartrique, de la production d’éthanol et de la consommation d’une partie de l’acide malique par les levures.

Avec la production d’éthanol et afin de maintenir son pH intracellulaire et d’optimiser son métabolisme, la levure va excréter des protons dans le milieu qui vont également impacter le pH. D’autre part, la synthèse de biomasse et d’autres métabolites tels que les acides organiques (acide succinique ou citrique) auront également un impact (à la baisse) sur le pH. En fonction de son métabolisme la souche de levure aura donc une influence plus ou moins marquée sur le pH final du vin.

 

Corriger l’acidité des vins : vers des solutions plus naturelles

 

Avec le réchauffement climatique et l’évolution des conditions météorologiques, la baisse observée du niveau d’acidité et la hausse du taux d’alcool dans les vins, dans la plupart des régions viticoles productrices, se sont avérées des faits préoccupants vis-à-vis de la vinification.

Outre des risques de contaminations et d’instabilités microbiologiques, les vins plus riches en alcool et moins acides perdent en capacité de vieillissement et de conservation.

Le vigneron peut toutefois intervenir au vignoble et/ou en cave pour contrôler ces deux paramètres en pré- et post-fermentaires.

Par exemple, il est courant, dans les régions chaudes, d’ajouter de l’acide tartrique au moût de raisin en fermentation pour obtenir un pH final acceptable. Il est également possible de vendanger plus tôt les raisins, afin de conserver plus d’acidité dans les moûts, mais le vigneron risque alors de ne pas atteindre une maturité phénolique satisfaisante. Ces interventions souvent compliquées à mettre en œuvre, ne sont pas pour autant toujours satisfaisantes.

C’est pourquoi des solutions plus naturelles de gestion de l'acidité, moins interventionnistes, peuvent être une alternative aux méthodes classiques d’acidification du vin. Elles reposent sur la sélection de levures œnologiques capables de produire moins d’alcool tout en ayant un impact positif sur le pH et la quantité d’acides organiques. Des solutions existent désormais sur le marché : IONYSWFTM  est la première levure œnologique qui a été sélectionnée au sein de l’espèce Saccharomyces cerevisiæ pour sa capacité à acidifier naturellement et significativement le moût pendant la fermentation.

 

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Author:
Olivier PILLET
Responsable biotechnologies IOC
Toutes régions viticoles - France

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