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Résidus de pesticides dans le vin : ce qu'en disent les oenologues
Résidus de pesticides dans le vin : ce qu'en disent les oenologues
Publiée le 24/02/2014 16:49

Résidus de pesticides, allergènes, amines biogènes du côté pile, antioxydants et qualité organoleptique du côté face. L'enjeu de la sécurité alimentaire des vins était au centre des préoccupations des œnologues de Bordeaux réunis lors de leur 12ème matinée, un rendez-vous qui s'est déroulé cette année le 14 février dernier. Retour sur les résidus de pesticides dans les vins et les itinéraires techniques ou les méthodes oenologiques permettant leur réduction.

L'utilisation de produits phytosanitaires sur la vigne entraîne le risque de présence de résidus dans le moûts et les vins. D'après diffrérentes études, selon Magali Grinbaum, de l'IFV, sur une centaine de matières actives autorisées aujourd'hui, la moitié d'entre elles pourraient se retrouver sous forme de résidus sur les raisins, et un tiers environ dans les vins (la fermentation élimine une grande partie des résidus). Bien qu'encore aucun risque toxicologique n'ait été associé à la présence de résidus dans les vins, les méthodes récentes de détection permettent aujourd'hui de déceler des résidus dans la pluspart des vins, à des doses extrêment faibles. La question de leur réduction est devenue une préoccupation pour les vinificateurs et les metteurs en marché.

 

Des itinéraires techniques pour réduire la présence de résidus de pesticides ?

 

La présence de résidus est liée tout d'abord au positionnement et à la nature des traitements phytosanitaires à la vigne. L'une des molécules les plus fréquement retrouvées dans les vins est le diméthomorphe, une matière active utilisée de manière préventive (également effet curatif) contre le Mildiou. D'une manière générale, se sont les antifongiques qui se retrouvent majoritairement dans les vins, à des doses toutefois strictement inférieures aux LMR autorisées. Selon les travaux de l'IFV, le choix de molécules à faible taux de transfert dans les vins en post-floraison et l'emploi de façon préférentielle de matières actives à fort taux de transfert pendant la phase végétative de pré-floraison permettrait de réduire très sensiblement les concentrations de pesticides dans les vins.

Au chai, l'IFV a pu tester l'impact de différents itinéraires de vinification sur la présence de résidus avant et après vinification. Les méthodes les plus efficaces pour réduire la concentration de matières actives sont les plus agressives pour le vin : thermovinification et débourbage à froid, collage au charbon actif (dose conséquente 20 à 40 g/L), gélatines, fibres végétales (dose importante 200g/L). L'emploi de chitosane (autorisé depuis 2010 en Europe), d'écorces de levures, d'enzymes ou de souches de levures spécifiques n'auraient pas d'impact significatif sur la teneur finale en résidus.

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